La parentalité positive
Parentalité positive

La parentalité positive, c’est quoi?

Nous avons découvert la parentalité positive il y a tout juste 1 an, mais au cours de cette année, nous avons énormément appris et compris. Nous souhaitons partager avec vous dans cet article les 5 points sur lesquels nous avons le plus évolué et qui nous semblent être à la base de la parentalité positive. Nous vous donnerons également quelques pistes qui ont fonctionné pour nous et qui pourront peut-être vous aider.

Pour commencer, nous percevons la parentalité positive comme une méthode éducative non-violente, qui respecte l’enfant en tant que personne, mais également son développement et ses besoins, dans le but de l’amener à grandir, à s’épanouir et à mener la vie qui le rendra heureux.

Si parentalité positive rime avec douceur, compassion, tolérance et soutien, cela ne signifie en aucun cas faire preuve de laxisme ou laisser nos enfants nous manquer de respect.

L’objectif de se former à la parentalité positive est d’acquérir des outils et des compétences nouvelles car pour la plupart d’entre nous, ces compétences ne sont malheureusement pas innées. 

Pourquoi parle-t-on de plus en plus de parentalité positive?

Le concept de parentalité positive existe depuis plusieurs dizaines d’années mais a pris beaucoup d’ampleur depuis les années 2000 car, grâce aux découvertes faites en neurosciences, nous sommes aujourd’hui capables d’expliquer scientifiquement les effets des différentes méthodes éducatives sur le développement de l’enfant.

Nous avons également beaucoup plus d’informations sur le développement du cerveau humain. Il est prouvé que l’éducation bienveillante permet de créer de meilleures connexions neuronales entre les différentes parties du cerveau, ce qui a pour effet d’équilibrer le cerveau droit (celui des émotions) et le cerveau gauche (celui de la logique). C’est cet équilibre qui nous permets de prendre de bonnes décisions.

1/ Réapprendre à communiquer

Se lancer dans la parentalité positive, c’est apprendre à voir le monde différemment. Chaque situation problématique à nos yeux devient une opportunité d’aider notre enfant et de lui montrer le chemin vers l’acquisition de nouvelles compétences. Rappelons nous toutefois que l’apprentissage demande du temps ! C’est pourquoi nous devons nous montrer patients.

Avez-vous une idée du nombre d’ordres et de commentaires négatifs qu’un enfant reçoit dans une seule journée ? Va laver tes mains ! Débarrasse ton assiette ! Range ton pyjama ! Non, pas de bonbon, c’est pas l’heure ! Arrête de taper ta sœur !! C’est bon, vous vous y voyez ?

Je suis certaine que rien qu’en lisant ces quelques phrases, vous vous êtes sentis agressé et vous ne devez certainement pas avoir envie de coopérer. Et bien, devinez quoi, c’est pareil pour les enfants. Nous aimerions qu’ils s’investissent d’eux-mêmes mais nous ne leur en laissons pas l’opportunité. Nous passons tout de suite en mode ordre!

Avec un peu de pratique, il est assez facile de remplacer les interdits par des consignes

  • « Ne mets pas ça à la bouche » = « Je préfère que tu laisses ça où c’est, ce n’est pas très propre. »

Et si votre enfant à tendance à répondre par la négative, pensez à proposer des alternatives :

  • « Veux-tu mettre ton manteau avant ou après tes chaussures ? »

Les enfants ont besoin de sentir qu’on leur laisse prendre certaines décisions, cela les aide à avoir confiance en eux.

Une autre façon de procéder qui fonctionne très bien chez nous en ce moment, c’est le jeu. Si j’ai besoin que mon fils de 6 ans m’aide à plier le linge, je lui propose une mission très spéciale qui lui permettra d’obtenir 30 barres de beskar (le métal utilisé pour la fabrication des armures des mandaloriens de Star Wars!). Une fois la mission terminée, je lui fais 30 bisous (le beskar), on se roule un peu sur le tapis du salon en se chatouillant, et tout le monde est content! Le linge est plié et mon fils a eu un moment d’attention de la part de maman.

2/ Parentalité positive et émotions

Une grande partie de la parentalité positive consiste à acquérir des outils de gestion des émotions puis à les enseigner à nos enfants.

Avant de pouvoir utiliser ces outils, nous devons passer par une étape d’observation afin de savoir quels sont les comportements de nos enfants qui nous font sortir de nos gonds. Ceux-ci seront sans doute liés à des blessures personnelles. En ce qui me concerne, j’ai beaucoup de mal à accepter que mes enfants ne me répondent pas lorsque je m’adresse à eux. J’aime savoir qu’ils m’ont entendue. Même si je sais que leur non-réponse vient du fait qu’ils sont occupés à leur activité du moment, j’ai tendance à prendre un ton assez désagréable lorsque je dois répéter.  J’ai pris conscience que cela vient de mon besoin de reconnaissance et du fait que je manque de confiance en moi. Je suis donc maintenant en mesure de prendre du recul lorsque la situation se présente et de ne plus réagir aussi vivement.

Les enfants n’ont pas cette capacité d’analyse car leur cerveau est en construction, c’est pourquoi c’est à nous, parents, de les y entraîner. Pour cela, nous pouvons commencer par leur expliquer comment fonctionne le cerveau.

Je vous conseille de regarder avec votre enfant la vidéo suivante qui explique la théorie du cerveau dans la main de Daniel Siegel, extraite du livre « Le cerveau de mon enfant ».

Nous avons parfois tendance à nier les émotions de nos enfants. « Ce n’est pas la peine de pleurer pour ça, ce n’est pas si grave ». Et bien, dans le monde de votre enfant, que sa tour de cube en bois se soit écroulée est sans doute la pire chose qui pouvait lui arriver à ce moment-là !

 A cet instant précis, essayer de le raisonner ne fonctionnera pas. Son cortex préfrontal a perdu le contrôle. Il faut reconnecter avec lui et accueillir ses émotions avant de pouvoir faire appel à sa raison. Vous pouvez vous approcher de lui et lui dire quelque chose du genre : Mince alors, toi qui avais passé tant de temps à construire cette belle tour. Je sais que tu y tenais beaucoup. Et seulement une fois la connexion établie, lorsqu’il sait que vous avez compris ce qu’il ressent, vous pouvez lui proposer votre aide : veux-tu que nous en fassions une autre ensemble.

3/ Les règles dans la parentalité positive

Comme nous l’avons dit plus haut, pratiquer la parentalité positive ne veut pas dire tout accepter et se faire marcher sur les pieds. Les règles sont extrêmement importantes pour les enfants, sans elles, ils perdront pieds et développeront un sentiment d’insécurité.

Afin de fixer ces règles, vous devez en premier lieu réfléchir aux valeurs que vous considérez comme importantes et que vous souhaitez transmettre à vos enfants. Il est souvent compliqué de demander à nos enfants d’intégrer de nombreuses règles en même temps. Faites donc votre petite analyse et choisissez votre cheval de bataille.

Il est important de suivre la règle des 5 C pour que vos règles fonctionnent :

  • Claires : même si vous pensez que ça coule de source, ayez toujours à l’esprit que le cerveau de votre enfant est en construction et qu’il ne fonctionne pas comme celui d’un adulte, vous devez donc exprimer clairement et le plus simplement possible ce que vous attendez.

« Les vêtements sales doivent être mis dans le panier à linge dès que tu as fini de prendre ta douche. »

  • Concrètes : décrivez le comportement que vous attendez de la part de l’enfant plutôt que celui que vous lui reprochez.

« J’ai besoin que tu parles plus doucement » au lieu de « arrête de crier. » Si vous lui dites arrête de crier, il ne sera pas forcément en mesure de savoir quel comportement adopter à la place…

  • Constantes : celle-ci n’est pas simple mais c’est sans doute la plus importante. Quelle que soit votre humeur, le contexte ou votre degré de fatigue, vous devez toujours appliquer la règle de la même façon. Cela ne veut pas dire que vous ne pouvez jamais faire preuve de souplesse, mais si vous souhaitez déroger à la règle, vous devez indiquer clairement que c’est exceptionnel (et cela doit en effet rester exceptionnel)
  • Cohérentes : les enfants apprennent en grande partie par imitation. Il nous faut donc donner l’exemple. Dire à nos ados que les portables sont interdits à table et se lever dès que le nôtre sonne en plein repas, c’est loin d’être cohérent. Le sentiment d’injustice est souvent à l’origine de la colère des enfants.
  • Conséquentes : une règle non respectée doit entrainer une conséquence. Nous verrons dans un prochain article que toutes les conséquences ne se valent pas. La conséquence doit être en lien direct avec le comportement indésirable. Si votre fille de 6 ans a déchiré une page du livre de sa grande sœur car elle était en colère, elle devra, une fois la colère retombée, scotcher la page. La priver de télé ou de dessert ne lui enseignerait rien. Privilégiez si possible les conséquences naturelles ou logiques. On pourra par exemple laisser un enfant de 10 ans qui ne souhaite pas aller se coucher expérimenter les effets du manque de sommeil et en assumer les conséquences. Il devra tout de même faire les tâches quotidiennes qu’il s’est engagé à faire le lendemain.

4/ Responsabilisation et autonomie

La parentalité positive se veut également un bon moyen de responsabiliser nos enfants et de les rendre autonomes. Les obligations et les interdits ont très souvent l’effet inverse de celui attendu. Il n’y a pas si longtemps, je disais très régulièrement à mes enfants : c’est à faire, tu n’as pas le choix, plus vite ca sera fait, plus vite tu seras débarrassé. Je me suis rendu compte que j’avais toujours pensé ainsi et que j’étais dans le faux.

Lorsque mon fils de 10 ans n’a pas envie de faire ses devoirs, je ne lui dis plus : « de toute façon, tu ne pourras pas aller jouer tant que tu n’auras pas fini ton exercice ». Je lui explique que les exercices servent à vérifier qu’il a bien compris la leçon et je lui demande de m’expliquer ses options:

  1. Je termine mon exercice, je suis sûr d’avoir compris, j’ai l’esprit tranquille pour aller jouer.
  2. Je ne termine pas mon exercice, je risque une sanction à l’école le lendemain.
  3. L’exercice n’est pas pour demain, je me sens vraiment fatigué ce soir, je préfère le faire demain.

La première fois, il m’a répondu que ce n’était pas vraiment un choix (l’exercice était bien à faire pour le lendemain). Je lui ai donc expliqué que dans la vie, le choix le plus bénéfique pour nous n’est pas forcément le plus facile, que nous devons souvent faire preuve de courage pour atteindre nos objectifs mais qu’il peut décider de voir ces difficultés comme des obstacles (avec des lunettes noires) ou des défis à relever (avec des lunettes bleues, roses, jaunes… la couleur qu’il préfère). Tout est donc une question de perspective et qu’il est libre de prendre la décision qui lui semble la meilleure pour lui.

Dans cette situation, mon fils est donc plus enclin à terminer l’exercice car je lui laisse le choix, il se sent responsable et voit que je lui fais confiance.

Si votre enfant fait le choix de ne pas terminer son exercice et qu’il revient fâché le lendemain, les « je t’avais prévenu » sont à proscrire. Aidez-le à analyser la situation. « Penses-tu avoir fait le bon choix hier ? » « Penses-tu qu’il serait bon d’agir différemment la prochaine fois ? » Vous pouvez aussi insister sur le fait que c’est en faisant des erreurs que l’on apprend et que l’on comprend.

Attention : vos enfants doivent tout de même avoir conscience qu’en tant que parent, vous avez le devoir de leur interdire certaines choses si celles-ci les mettent en danger. Si cette information leur est clairement exprimée, l’interdit ne devrait pas poser de problème le moment venu.

5/ Parentalité positive et culpabilité

Dernier point important : la parentalité positive permet de déculpabiliser les parents car elle est extrêmement claire sur ceci : les parents parfaits, ça n’existe pas !! Même les plus grands spécialistes en parentalité positive avouent crier sur leurs enfants de temps en temps (sans doute moins que vous et moi, mais quand même…). Après tout, nous ne sommes que des êtres humains. Le but ici est de s’améliorer. Il n’y a donc aucune raison pour vous de culpabiliser.

Faites de votre mieux et en cas de dérapage, réparez votre erreur. Allez voir votre enfant et expliquez-lui que vous avez-vous aussi parfois du mal à contrôler vos émotions. Excusez-vous et dites-lui que vous l’aimez. Vous lui enseignerez ainsi que nous avons tous droit à l’erreur et au pardon.

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1 commentaire

  1. Aline

    Merci Sophie pour cet excellent article sur la parentalité positive. J’avais déjà entendu parler de la règle des 5C mais je n’ai pas vraiment l’habitude de l’utiliser. Merci pour ce rappel, du coup, je vais essayer de m’en souvenir. Aussi, j’aime beaucoup ta façon d’accompagner tes enfants pour les aider à devenir autonomes et responsables! J’essaye moi aussi j’essaie de mettre en pratique la parentalité positive avec mes enfants et ce n’est vraiment pas évident surtout quand nos propres parents ne l’ont pas fait avec nous. Alors oui, apprenons à déculpabiliser

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