Comment développer le courage de votre enfant
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COMMENT DÉVELOPPER LE COURAGE DE VOTRE ENFANT

Le courage c’est la capacité de faire quelque chose en dépit de la peur que l’on ressent. Il est la base d’une vie pleine de sens, épanouie et nous vous expliquons pourquoi dans cet article. Nous vous donnons également 5 outils pour aider votre enfant, peu importe son âge, à en faire un trait de caractère.

Pourquoi est-il important d'aider nos enfants à développer leur courage?

Pour un meilleur développement du cerveau

Nous savons aujourd’hui que le cerveau humain se développe tout au long de la vie, mais que l’enfance jusqu’à 6 ans est la période la plus propice à la création de nouvelles connexions synaptiques

Des études montrent que pour une création plus importante de connexions synaptiques, et donc, une meilleure capacité d’apprentissage et de gestion des émotions, nous devons trouver le juste équilibre entre confort (confiance) et inconfort (peur). 

Chaque fois que votre enfant parviendra à sortir  de sa zone de confort, de nouvelles connexions se mettront en place. Sa zone de confort sera également transformée puisqu’une fois qu’il aura sauté le pas et réalisé que la réussite ou l’échec n’ont pas eu de conséquences catastrophiques, il aura certainement bien moins peur de recommencer à la prochaine occasion

En revanche, si votre enfant ne sort pas assez régulièrement de sa zone de confort, son cerveau ne sera pas suffisamment stimulé pour créer toutes les nouvelles connexions que sont cerveau aurait pourtant la capacité de créer.

Pour éviter les troubles de l'anxiété

Une chose importante à comprendre est que l’on ne peut pas éradiquer la peur. Les plus grands conférenciers, comédiens, chanteurs… ont toujours peur avant de monter sur scène. 

Ils ont simplement compris que les symptômes de la peur (les mains moites, le ventre qui se tord, les battements du cœur qui s’accélèrent), sont une réaction normale de notre organisme lorsque nous pensons que l’action que nous sommes sur le point d’entreprendre pourrait se terminer par un résultat négatif. 

Il s’agit simplement d’une vision erronée que nous avons de l’instant à venir

Entraîner votre enfant à développer son courage lui permettra de ne pas tomber dans l’engrenage d’avoir peur de la peur, qui peut mener à des troubles de l’anxiété.

Voici une vidéo (en anglais) très intéressante sur le lien entre le manque de prise de risque et l’anxiété.

Pour une vie professionnelle épanouie

L’Université de Stanford a réalisé une étude dont l’objectif était de comprendre l’élément clé qui permet à un étudiant d’avoir une vie professionnelle plus épanouie, avec de meilleurs résultats au cours de leur carrière. 

L’étude à tenu compte de différents critères comme l’origine sociale, la relation avec les parents, la capacité à se discipliner… et la notion la plus importante pour une meilleure réussite professionnelle semble être le courage

Un enfant qui aura très tôt appris à apprivoiser ses peurs et à les dépasser, intelligemment, étapes par étapes, en se fixant des objectifs, sera mieux armé pour faire face à toutes les difficultés qu’il rencontrera dans sa vie professionnelle

Nos enfants sont-ils courageux?

Avant de rédiger cet article, nous avons fait une petite analyse sur nous et nos enfants. Oscar et moi sommes deux parents poules. Depuis que nos enfants sont petits nous avons, comme tous les parents, peur qu’ils se mettent en danger, se fassent mal, soyons clairs, qu’ils meurent. Je me souviens encore de toutes les fois où je me suis réveillée en plein milieu de la nuit après avoir rêvé que l’un d’entre eux passait sous un camion ou tombait d’une falaise… Si cela ne vous est jamais arrivé, c’est bien pire que lorsque l’on rêve de tomber soi-même dans le vide! J’ai donc longtemps vécu angoissée à l’idée de perdre mes enfants. Oscar, lui, est le genre de papa qui voit tomber un enfant dans un bac à sable et qui se précipite pour le relever avant même que les parents de celui-ci n’aient eu le temps d’intervenir…Du coup, on a jamais trop encouragé nos enfants à prendre des risques quand ils étaient touts petits et si je suis sincère, je le regrette beaucoup aujourd’hui

Car ce n’est pas facile pour un enfant de prendre confiance en soi quand les deux personnes qui lui sont les plus proches lui transmettent un sentiment de peur en “quasi” permanence… Arriva ce qui devait arriver, nous avons deux garçons qui ne sont pas très téméraires… Ils ne sont pas les premiers à grimper en haut d’un arbre, ni en haut de la structure du parc à jeux d’ailleurs. 

Mais en creusant un peu, je me rends compte que nos garçons sont tout de même vraiment courageux. Peut-être pas pour escalader (on travaille la dessus) mais je pense que nous leur transmettons des valeurs de persévérance et de se donner les moyens d’atteindre des objectifs.

Ils ont changé plusieurs fois d’école car nous avons changé de ville puis de pays pour des raisons professionnelles (atteindre un objectif) et ils ont donc dû quitter leurs amis pour s’en faire de nouveaux. 

Nous avons, à plusieurs reprises, envoyé Gaël, notre plus grand, passer plusieurs semaines en vacances en Espagne avec ma belle-famille afin qu’il apprenne l’espagnol. Il n’avait que 6 ans la première fois et a passé 4 semaines loin de nous. Et même s’il a été chouchouté autant que faire se peut par ses grands-parents, je sais que cela n’a pas été facile pour lui car nous sommes très fusionnels et que nous n’avions jamais été séparé aussi longtemps. 

Lorsque nous sommes arrivés au Canada, Gaël, qui avait alors 9 ans, n’avait jamais fait d’anglais. Les élèves de sa classe en faisait depuis 3 ans. Il a prit le train en marche et même si cela n’est pas toujours facile et qu’il doit travailler plus que les autres, il progresse, et il progresse très rapidement

Notre Nolan, qui a tendance, comme beaucoup d’enfants de 6 ans, à dire “non, c’est pas moi (qui ai collé les crottes de nez sur le mur à côté des toilettes)”, commence, de temps en temps à dire “bin oui, en fait c’était moi”. Et s’il n’est pas très fier sur le coup car il avoue ne pas avoir dit la vérité lorsque nous lui avons posé la question la première fois, nous le remercions à chaque fois pour sa franchise et son courage. Et à chaque fois, je peux voir que cela le touche, le soulage et le rend fier

Nous espérons qu’à force de les entraîner dans cette direction, nous arriverons, malgré les erreurs commises durant nos premières années comme parents, à les aider à évoluer, à ce qu’ils prennent confiance en eux et arrivent à utiliser leur courage pour grandir, s’épanouir et trouver leur voie sans passer à côté des choses qui sont importantes à leurs yeux.

5 outils pour développer le courage chez mon enfant

1/ Lister avec votre enfant les situations dans lesquelles il a fait preuve de courage

Plus votre enfant se sentira courageux, plus il aura de facilités à essayer de nouvelles choses, même si celles-ci lui font peur. Un bon moyen de permettre à votre enfant de voir qu’il ne manque pas de courage est de prendre un moment et de faire la liste des occasions où il a fait preuve de courage

  • A-t-il reconnu avoir commis un erreur même si c’était difficile?
  • S’il joue d’un instrument de musique ou s’il fait du sport, s’entraîne-t-il dur pour s’améliorer?
  • Si c’est un enfant timide, a-t-il déjà réussi à prendre la parole en classe ou à faire une présentation orale?
  • A-t-il déjà défendu un ou une camarade face à d’autres enfants?
  • Est-il capable de grimper facilement en haut d’une structure de jeux ?
Et s’il vous dit : “oui mais ca c’est facile”, rappelez-lui que si cela lui semble facile maintenant, cela lui a sans aucun doute demandé du courage à l’époque où c’était nouveau pour lui. Et surtout que c’est parce qu’il a fait preuve de courage quand c’était difficile que c’est aujourd’hui facile!

2/ Expliquer que tout le monde a peur

Prenez le temps d’expliquer à votre enfant que la peur est une émotion naturelle, saine et universelle

TOUT LE MONDE A PEUR ! Mais nous n’avons pas tous les mêmes peurs. La peur est à la base un mécanisme de défense qui nous permet de survivre face au danger.

Une personne sera peut être très à l’aise à parler sur scène devant une salle remplie d’inconnus mais elle aura peut-être peur de prendre l’avion.

Une autre personne sera capable de sauter en parachute et aura peut-être peur des souris.

Vous pouvez également lui faire part de VOS peurs! Réfléchissez à une chose qui vous freine dans la vie (cela vous donnera ainsi l’occasion d’analyser où vous en êtes dans vos peurs, ce qui n’est pas une mauvaise chose) et fixez-vous chacun un défi à relever. Quelque chose de simple.

Pas plus tard que ce matin, je me suis lancé le défi de retourner une crêpe en la faisant sauter dans la poêle. Ce n’est pas grand chose mais si je fais des crêpes à mes enfants presque toutes les semaines, je ne les fais JAMAIS sauter… On ne sait jamais, je risquerais d’en faire tomber une! J’étais vraiment fière de moi lorsque la crêpe est retombée presque pas pliée dans la poêle, ahahah!!! 

Mais j’étais encore plus fière de montrer à mes enfants que je suis capable de sortir de ma zone de confort et de tenter de nouvelles choses. C’est d’autant plus important car vos enfants apprennent de vous, grâce aux fameux neurones miroirs.

Fixez-vous des défis régulièrement et montrer à votre enfant que les objectifs peuvent être atteints si l’on accepte de sortir de notre zone de confort. 

3/ L'aider à trouver le lien entre l'action qui lui fait peur et un objectif /une valeur

Selon vous, pourquoi sommes nous courageux dans certaines situations plus que dans d’autres? La clé se sont nos valeurs, nos motivations. Si votre enfant adore le foot, il pourra passer plusieurs heures à s’entraîner, même si cela est éprouvant physiquement. Il saura trouver le courage de se dépasser car son objectif est clair: il veut devenir meilleur (pourquoi pas le meilleur)!

Inversement, nous avons tendance à  manquer de courage si l’action à effectuer ne répond pas à l’une de nos valeurs ou si nous n’en voyons pas l’utilité pour atteindre l’un de nos objectifs. Votre rôle en tant que parent sera d’aider votre enfant à trouver un lien entre l’action qu’il n’ose pas réaliser par peur d’échouer et un objectif qui lui tient vraiment à cœur

Si votre enfant éprouve des difficultés dans l’apprentissage de la lecture, trouvez-lui une série de livres ou de bandes dessinées qu’il adore. Peu importe le sujet, l’important étant qu’il soit suffisamment motivé à lire pour trouver le courage de dépasser sa difficulté. Une fois que la lecture ne sera plus un problème, vous pourrez introduire des livres d’un autre genre si vous le préférez. 

4/Lui créer une identité de personne courageuse

Superhero fille

Connaissez-vous les affirmations positives? Ces petites phrases que l’on se répète plusieurs fois, tous les jours, et qui petit à petit transforme notre vie… C’est un superbe outil à enseigner à nos enfants! 

Pourquoi cela fonctionne? Tout simplement parce que notre cerveau ne fait pas la différence entre ce que nous visualisons et la réalité. Fermez les yeux et pensez à votre dessert préféré. Après quelques secondes, vous pouvez sentir la salive dans votre bouche, comme si vous étiez sur le point de manger ce dessert. 

Si votre enfant ne se perçoit pas comme une personne courageuse, prenez quelques minutes chaque matin pour vous placer devant un miroir avec lui. Adoptez la posture d’un super héro, les poings sur les hanches, les pieds légèrement écartés, le dos bien droit et répétez 10 fois la phrase que vous aurez choisie avec conviction. Si vous avez une cape de super héro chez vous, c’est le moment de l’utiliser! 

C’est un rituel très amusant auquel votre enfant prendra vite goût. En plus de lui donner une vision positive de lui même dès le début de la journée, vous aurez passé un moment de qualité ensemble. Il est possible que vous vous sentiez un peu ridicule les 3 ou 4 premières fois, mais soyez courageux, persévérez!! car c’est un outil qui marche et qui vaut la peine d’être enseigné à nos enfants dès leur plus jeune âge.

Vous pouvez choisir 1 phrase à répéter tous les jours ou 1 phrase qui véhicule le même message pour chaque jour de la semaine. En voici quelques exemples pour le courage:

  • Je suis courageux/courageuse
  • Plus j’essaie, plus je suis prêt/e d’y arriver
  • J’apprends de chaque expérience
  • Je suis capable d’inventer des choses formidables
  • Je suis le maître de mon destin: personnellement, c’est ma préférée!! 
  • Plus je m’entraîne, plus je m’améliore
N’hésitez pas à demander à votre enfant quelle phrase il a besoin de répéter. Certaines de ses phrase résonneront plus en lui que d’autres. Invitez-le également à formuler ses affirmations positives en fonction de ses besoins.

Attention! Gardez bien en tête de ne pas utiliser de formulation négatives, même si le sens de la phrase est positive. Par exemple, préférez “Je suis capable de le faire” à “Je n’ai pas peur“. Notre cerveau visualise en effet ce que nous entendons. Par conséquent, si votre enfant entend le mot peur, c’est cette émotion qu’il va ressentir.

5/ L'encourager

Vous avez peut-être déjà lu cette phrase de Rudolf Dreikurs, psychiatre autrichien et auteur du livre “Le défi de l’enfant” qui dit:

Les encouragements sont à l’enfant ce que l’eau est à la plante.

Ils sont absolument nécessaires si vous souhaitez aider votre enfant à garder sa joie de vivre, son désir de découvrir de nouvelles choses et développer sa capacité à atteindre ses objectifs. Les encouragements permettent la production de dopamine dans le cerveau, l’un des principaux neurotransmetteurs qui activent le système de motivation du cerveau.

Il nous arrive parfois d’intervenir un peu rapidement lorsque notre enfant se trouve face à une difficulté et donc face à la peur de l’échec, plutôt que de l’encourager à continuer. Bien que nous ne pensions pas mal faire, cette attitude répétée risque de mettre à mal la persévérance et le courage de notre enfant. Pourquoi devrait-il s’efforcer puisque de toute façon, l’un des parents va voler à son secours dans la seconde? 

La bonne nouvelle, c’est que notre cerveau est capable de changer sa structure tout au long de notre vie. Ce qui veut dire qu’il est possible de reprogrammer le cerveau d’un enfant ou d’un adolescent qui se décourage facilement afin qu’il retrouve sa motivation.

Attention cependant à ne pas confondre encouragement et compliment. Il n’est bien évidemment pas interdit de complimenter son enfant de temps à autre mais sur le long terme, l’encouragement sera bien plus bénéfique

L’encouragement permet de nourrir une motivation interne qui va favoriser la continuité de l’effort, mais aussi donner l’envie de progresser. Au contraire, le compliment lui, va développer la motivation externe, il flatte l’égo mais ne reconnaît pas le travail fournit pour accomplir l’action.  

En quelques mots:

  • Expliquez à votre enfant ce qu’est le courage et démystifiez la peur (c’est normal et sain!)
  • Rappelez-lui les moments où il a su faire preuve de courage
  • Trouvez avec lui une motivation pour dépasser sa peur
  • Utilisez les affirmations positives ! Nous devenons ce que nous pensons être! Je me dis que je suis courageux, je me perçois comme une personne courageuse, je deviens courageux.
  •  Encouragez-le!
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2 commentaire

  1. Bravo à vous pour cet article très intéressant. Je note la distinction entre compliment et encouragement 👍

    1. Bonjour Milie! Merci pour ton commentaire! Contente que cet article t’ai plu!

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